Rencontre Avec Pol Le Vaillant Rencontre Avec Pol Le Vaillant

Michèle Rossier · Teo Jakob

Rencontre avec Michèle Rossier, directrice régional de Téo Jakob.

Le magasin Teo Jakob, situé à Carouge, est un showroom de design d’intérieur proposant une sélection pointue de meubles contemporains, luminaires et objets décoratifs de marques suisses et internationales.

Un lieu incontournable pour les passionné·e·s de design haut de gamme à Genève. Tout au long de l’année, l’espace accueille des événements tels que des expositions, des lancements de collections, des conférences, ainsi que des rencontres avec des créateurs et designers.

Ces événements visent à explorer les frontières entre art, design et architecture, tout en mettant en avant des talents locaux et internationaux.

 

Michèle Rossier

Michèle Rossier est directrice régionale et membre de la direction générale de Teo Jakob depuis 2009. Passionnée de design, elle a d’abord travaillé à son compte avant de rejoindre Teo Jakob en 2001.

 

Pour vous, le design c’est…?

Je considère le design comme l’alliance parfaite entre esthétique, fonctionnalité et innovation. Depuis 75 ans, Teo Jakob incarne cette philosophie en proposant des solutions d’aménagement qui reflètent une élégance contemporaine et une qualité irréprochable.

Le design est pour moi aussi bien une passion qu’une mission: créer des environnements qui inspirent, réconfortent et reflètent la personnalité de celles et ceux qui y vivent, tout en respectant la qualité et l’esthétique qui font la renommée de Teo Jakob.

Make it stand out

Whatever it is, the way you tell your story online can make all the difference.

Quels liens Teo Jakob entretient-il avec l’art?

Depuis sa fondation en 1950, Teo Jakob a toujours considéré que les meubles design, l’architecture d’intérieur et les arts visuels sont indissociables. Cette vision holistique se manifeste par l’intégration constante d’œuvres d’art au sein de ses showrooms, offrant une expérience esthétique complète à ses visiteurs.euses.

La Fondation Collection d’Art Teo Jakob comprend des peintures, des sculptures et des objets d’artistes suisses et internationaux, tels que Le Corbusier, Meret Oppenheim, Franz Gertsch et Jean Tinguely. Les œuvres de cette collection sont présentées dans les showrooms de Teo Jakob à Genève, Berne et Zürich où elles dialoguent harmonieusement avec le mobilier exposé. Cette intégration de l’art et du design crée une atmosphère unique, reflétant notre engagement à promouvoir une esthétique qui dépasse la simple fonctionnalité.

Nous sommes également partenaires d’Art Genève depuis sa création et contribuons grandement à apporter à ce salon annuel un environnement particulièrement chaleureux. Pour nos 75 ans, nous sommes fiers d’y présenter une exposition intitulée Collaborations qui retrace la passion et l’engagement de Teo Jakob pour l’art et le design.

 
Lire la suite
Rencontre Avec Pol Le Vaillant Rencontre Avec Pol Le Vaillant

Danaé Panchaud · Centre de la Photographie Genève

Rencontre avec Danae Panchaud, directrice du Centre de la Photographie Genève.

Danaé Panchaud, Portrait by Anne Morgenstern, 2024

Le Centre de la photographie Genève est l’une des trois institutions du Bâtiment d’art contemporain, aux côtés du MAMCO et du Centre d’Art Contemporain Genève.

Principalement consacré à la création liée à l’image photographique au 21e siècle, il se veut un défricheur en prêtant une attention particulière aux artistes, suisses et internationaux, dont les travaux n’ont pas encore reçu une visibilité institutionnelle importante en Europe.

 

Danaé Panchaud

Danaé Panchaud est une curatrice, muséologue et enseignante spécialisée dans la photographie contemporaine. Elle dirige le Centre de la photographie Genève depuis 2022, après avoir été en charge, de 2018 à 2021, du Photoforum Pasquart de Bienne, et travaillé dans plusieurs centres d’art et musées romands de 2007 à 2017.

 

Pour vous l’art c’est…?

Avant tout de multiples manières de mettre des choses — et des gens — en lien, et, parfois, de proposer de nouvelles manières d’être au monde.

Un projet ou une exposition dont vous êtes particulièrement fière?

L’exposition Making Light of Every Thing, présentée au Centre de la photographie Genève au printemps 2024. Commissariée avec mon collègue Claus Gunti, elle explorait les manières dont l’image photographique construite, manipulée, fabriquée ou générée peut exprimer nos rapports intimes au monde, par un travail d’association très libre, intuitif et spéculatif, des travaux de douze artistes contemporains.

Make it stand out

Whatever it is, the way you tell your story online can make all the difference.

Quels seront les projets du Centre de la photographie Genève durant la période de fermeture du BAC pour travaux?

Dès 2025, le Centre de la photographie Genève investira deux espaces d’exposition distincts, fruits d’étroites collaborations avec des institutions genevoises. Notre programme actuel d’expositions temporaires se poursuivra dès le mois de mai dans un espace dédié de la Bibliothèque de Genève, dans le parc des Bastions, qui nous hébergera jusqu’à la fin des travaux.

En parallèle, la Maison de l’enfance et de l’adolescence des HUG nous a confié la programmation de son espace d’exposition, et nous y présenterons quatre expositions monographiques pensées spécifiquement avec les artistes pour le contexte particulier de l’hôpital.

Nous poursuivrons en parallèle nos activités éditoriales avec la collection Superscripte, notre programme de médiation pour les publics scolaires, et notre programme dédié aux artistes professionnel·les (ateliers, mentorat, etc.).

Lire la suite
Rencontre Avec Pol Le Vaillant Rencontre Avec Pol Le Vaillant

Asma Barchiche & Mina Squalli-Houssaïni · Forde

Rencontre avec Asma Barchiche & Mina Squalli-Houssaïni de l’espace Forde.

Forde est une anomalie précieuse dans le paysage de l’art contemporain: un espace né de l’urgence et du désir collectif, imaginé en 1994 par Fabrice Gygi, Alexandre Bianchini et Nicolas Rieben dans l’enceinte de l’Usine.

Depuis sa création, il demeure un lieu autonome, affranchi des pressions institutionnelles et commerciales, où l’art peut se risquer à des formes inattendues. Chaque équipe qui en prend la direction, tous les deux ans, hérite de ce projet à la fois exigeant et généreux, l’enrichissant de ses obsessions et de ses envies.

 

Asma Barchiche & Mina Squalli-Houssaïni

Asma Barchiche est une curatrice et chercheuse basée à Genève et responsable des programmes éducatifs au Centre d’Art Contemporain de Genève. Elle est co-fondatrice des chichas de la pensée, un programme culturel itinérant accueilli par des institutions telles que le Centre Georges Pompidou, le MUCEM Marseille ou Lafayette Anticipations. Sa pratique met l’accent sur l’éducation, les stratégies d’apprentissage et les dialogues avec les artistes, favorisant l’innovation dans l’art contemporain.

Mina Squalli-Houssaïni est une artiste pluridisciplinaire basée à Genève. Diplômée du Work.Master à la HEAD – Genève en 2023, elle a exposé dans divers espaces, notamment au Centre d’Art de Neuchâtel, Karma International à Zürich, Lodos à Mexico City, et Liste Art Fair à Bâle. Elle est également programmatrice au festival Les Urbaines.

 

Pourriez-vous nous présenter le programme de curation pour lequel vous avez été choisies?

Entre 2023 et 2025, nos propositions pour la programmation de Forde s’ancrent dans nos expériences respectives: l’une liée à l’écriture, à la recherche et à la médiation, l’autre à la pratique artistique et à une approche directe de l’art.

Notre objectif est de croiser nos intérêts, nos goûts et nos questionnements pour inscrire notre travail dans cet espace tout en affirmant des orientations artistiques, culturelles et politiques marquées.

Nous voyons dans Forde un lieu où nos idées prennent des formes concrètes, des espaces tangibles où se rencontrent œuvres, idées et publics.

 

Make it stand out

Whatever it is, the way you tell your story online can make all the difference.

Quelles sont les spécificités de l’espace Forde?

Forde n’est pas seulement un lieu de production artistique. Depuis trente ans, il a été façonné par quinze équipes de programmation successives, chacune apportant son regard et ses méthodes.

Tous les deux ans, une nouvelle équipe prend la direction de Forde, réinventant ses contours selon des priorités et des intuitions propres. Ce modèle de gestion garantit que chaque génération imprime sa marque, en explorant librement les multiples possibilités qu’offre cet espace. Forde se distingue par cette capacité à accueillir des projets qui interrogent, transforment et prolongent les pratiques artistiques.

L’Usine, ce bâtiment emblématique de Genève, est un acteur clé dans la définition de Forde. Plus qu’un simple cadre, l’Usine est un écosystème où se croisent musiques, arts visuels, performances et militantisme. Cette proximité nous pousse à imaginer des projets où les disciplines se rencontrent, créant des expériences collectives enracinées dans leur contexte social et culturel.

Faire Forde ensemble, c’est transformer nos conversations en espaces tangibles, en expositions, en performances ou en livres. C’est l’un des luxes que nous nous offrons: montrer ce que nous avons envie de voir, sans compromis. À travers des formats variés — expositions, performances, projections, éditions, soirées —, nous cherchons à multiplier les points d’entrée.

Ce programme est une invitation à penser l’art comme un espace d’échange, où les positions se confrontent et se transforment. À l’aune de ses trente ans, Forde maintient cette approche expérimentale qui privilégie le risque à la conformité. Forde reste un terrain d’essai, un espace où l’on peut penser autrement les conditions de production et de réception de l’art aujourd’hui.

 
Lire la suite
L’Objet de Pol Le Vaillant L’Objet de Pol Le Vaillant

Lampe à lave Astro — Denis Savary

Un.e artiste nous parle d’un objet qui lui est cher, l’accompagne au quotidien, et a bien souvent un lien avec son processus créatif.

Un·e artiste nous parle d’un objet qui lui est cher, l’accompagne au quotidien, et a bien souvent un lien avec son processus créatif.

« Il s’agit d’une lampe à lave Astro des années 90, de la marque anglaise Mathmos. J’ai trouvé cet objet à Londres, lorsque j’y vivais et il est revenu avec moi dans mes valises. Depuis, j’aime l’allumer le soir chez moi. La cire prend du temps à fondre à la chaleur de l’ampoule halogène dans sa base. Au début elle produit des sortes de cristaux, jusqu’à se mettre enfin à danser. Sa lueur verte m’accompagne durant durant la nuit. »
— Denis Savary

Inclassable et protéiforme, le travail de Denis Savary (né en 1981 à Granges Marnand, Suisse, vit et travaille à Genève et Londres) prend tour à tour la forme de sculptures, de dessins, d’installations, de vidéos ou de pièces sonores. Privilégiant des procédés d’appropriation, de citation ou de collaboration, l’artiste navigue librement entre ces différents médiums et les associe pour mieux explorer le décloisonnement des genres et des époques. Il est représenté par la galerie Maria Bernheim.

 
Lire la suite
L’Œuvre de Pol Le Vaillant L’Œuvre de Pol Le Vaillant

L’Œuvre de Lionel Latham

Une oeuvre ou un artiste qui a marqué la carrière d’un marchand. Lionel Latham évoque sa rencontre décisive avec Edouard Chapallaz (1921-2016), l’une des personnalités majeures de la céramique suisse de la seconde moitié du 20e siècle.

Make it stand out

Whatever it is, the way you tell your story online can make all the difference.

Une œuvre ou un·e artiste qui a marqué·e la carrière d’un marchand.

Lionel Latham évoque sa rencontre décisive avec Edouard Chapallaz (1921-2016), l’une des personnalités majeures de la céramique suisse de la seconde moitié du 20e siècle. Dès la fin des années 50, il développe un travail personnel de recherche sur le grés et les émaux, qui se distingue par des formes archétypiques aux qualités formelles et spirituelles saisissantes

«Édouard Chapallaz est un céramiste suisse avec qui j’ai eu la chance de collaborer et qui a grandement contribué à faire reconnaître ma galerie. Notre première rencontre remonte à 1982.

À l’époque, ma galerie était située aux Pâquis et j’acquérais alors une céramique portant deux marques: Chapallaz et Menelika. C’était une belle pièce, parfaitement tournée, mais son style, monochrome et dans l’esprit scandinave des années cinquante, ne ressemblait pas à ce que produisait Menelika. Intrigué, j’ai décidé d’écrire à Chapallaz pour lui demander des explications. Il m’a répondu avec cordialité m’expliquant qu’il avait travaillé un an chez Menelika en tant que tourneur. En contrepartie, il pouvait utiliser leur atelier pour créer ses propres pièces, ce qui expliquait la double signature.

Au fil des années, nous avons gardé contact. J’ai continué à acheter des pièces des années cinquante issues de Menelika, tandis qu’Édouard poursuivait une carrière plus que respectable: expositions muséales, reconnaissance internationale, collaborations avec des marchands réputés comme Engelberts ou la galerie L’Entracte à Lausanne.

En 1997, lorsque j’ai déménagé dans ma galerie actuelle, rue de la Corraterie, il m’a spontanément proposé de l’exposer, un geste d’une grande générosité car je n’aurais jamais osé le lui demander.Je garde un souvenir marquant de son premier vernissage.

À l’époque, j’ouvrais toujours mes portes à 17h précises, et ce jour-là, dix collectionneurs·euses attendaient déjà devant la porte. Une autre époque!

L’exposition fut un franc succès: Chappalaz m’avait confié 79 céramiques… et j’en ai vendu 81! Il avait un véritable fan-club, composé de contemporains aujourd’hui disparus. Et il pratiquait une politique de prix étonnamment douce pour des pièces d’une telle qualité muséale, allant de 300 à 3500 CHF.

Par la suite, j’ai organisé quatre autres expositions de son vivant, toutes couronnées de succès. Avec le temps, nous nous sommes rapprochés. Nos échanges étaient riches: il me présentait de nouveaux artistes, m’envoyait des collectionneurs.euses et encore aujourd’hui, je continue de découvrir et d’acheter de nouvelles pièces de lui qui m’étaient inconnues…

Cette rencontre fut extraordinaire. Édouard Chapallaz était un grand céramiste, conscient de son talent mais sans jamais en faire l’étalage. Plus récemment, j’ai fait une autre belle découverte: la céramiste Petra Weiss. Âgée de 77 ans, elle travaille toujours dans son atelier au Tessin, où je suis allé la rencontrer. Ce fut une très belle expérience, et j’ai d’ailleurs présenté ses œuvres lors du dernier parcours céramique.»

— Lionel Latham

Lire la suite
La Bibliothèque Pol Le Vaillant La Bibliothèque Pol Le Vaillant

Anne Minazio, fondatrice de la galerie Kissed Then Burned nous présente son rapport au livre et sa bibliothèque.

En 2013, Anne Minazio transforme son ancien atelier en y ouvrant l’espace HIT : l’un des Artist-run spaces les plus stimulants et dynamiques que la ville ait connu ces dernières années. En janvier 2025, le lieu change d’orientation pour devenir une galerie sous le nom de Kissed then Burned

En 2013, Anne Minazio transforme son ancien atelier en y ouvrant l’espace HIT: l’un des Artist-run spaces les plus stimulants et dynamiques que la ville ait connu ces dernières années. En janvier 2025, le lieu change d’orientation pour devenir une galerie sous le nom de Kissed then Burned.

Make it stand out

Whatever it is, the way you tell your story online can make all the difference.

Anne Minazio construit sa bibliothèque de manière organique autour des domaines qui l’intéressent et qui sont ceux autour desquels elle développa le projet de HIT: l’art contemporain, le design, l’architecture, la mode et la street culture. Chaque été durant 5 ans, elle a proposé dans son espace La Bibliothèque de HIT: un projet qui permettait de faire découvrir une sélection de livres issus de sa bibliothèque mais aussi d’y partager d’autres corpus à travers les nombreux projets collaboratifs qu’elle a mis sur pied.

« Ce qui est beau, c’est que ton rapport à un même livre peut se renouveler tout le temps. En fonction de ce que tu as dans la tête à un moment donné, de ta journée, de ton humeur ou de l’époque. »

Se réinventer, rencontrer de nouvelles personnes, échanger et aller de l’avant avec d’autres projets… Aujourd’hui Anne poursuit dans cette voie avec Kissed then Burned. Elle représente les artistes Clément Grimm, Finn Massie et Eliot Möwes. Elle nous présente ici une sélection de livres d’arts issus de la bibliothèque de son appartement, situé dans le  quartier de  Plainpalais et qu’elle a transformé en Showroom.

SÉLECTION DE LIVRES

1. MacGuffin, The Life of Things. № 1 The Bed.
ISBN 977–2405820002
2. Richard Prince, American Prayer. Bibliothèque Nationale de France.
ISBN 978–2717724806
3. A Handful of Dust. David Campany Mack Books.
ISBN 978–1910164969
4. BODENREFORM. Ernst & Sohn.
ISBN 978–3433021590
5. Philip-Lorca di Corcia, Hustlers. Steidl Verlag.
ISBN 978–3869306179
6. Ideas from Massimo Osti. Corraini Edizioni.
ISBN 978–8875706296
7. Josef Frank, Against Design. Birkhauser.
ISBN 978–3035624724
8. Guten Tag, Pablo Tomek. Rotolux Press.
ISBN 979–1096398133
9. Palace Product Descriptions – The Selected Archive. Phaidon.
ISBN 978–1838665845
10. The Paintings of Ross Bleckner. Édition Alain Noirhomme.
ISBN 978–2930487014

 
 

Make it stand out

Whatever it is, the way you tell your story online can make all the difference.

 
Lire la suite
Tour by Jonas Nicollin Tour by Jonas Nicollin

«J’aime le changement», explique Florian Le Bouhec, chef cuisinier incontournable de la place genevoise.

«J’aime le changement», explique Florian Le Bouhec, chef cuisinier incontournable de la place genevoise qui vient de prendre ses quartiers au Dorian. Arrivé à Genève à l’âge de 20 ans où il retrouve son père, chef lui aussi et avec qui il travailla brièvement, Florian Le Bouhec gagne vite son indépendance. Il ouvre son premier établissement en 2010: l’Artichaut. Il enchaîne ensuite avec le Café de la Paix en 2014, le Bologne et le Bombar en 2018 et le Bleu Nuit en 2022. À travers ces différents lieux, le chef multiplie les rencontres et développe son réseau. Ce qu’il apprécie le plus? Créer des ambiances, des lieux propices aux échanges et aux rencontres. Il est aujourd’hui l’une des personnalités genevoises les plus reconnues pour sa cuisine, mais aussi pour ses restaurants dont les atmosphères singulières participent à l’énergie de la ville. Florian le Bouhec nous fait faire le tour de ses bonnes adresses.

 

Dimanche

Rue Micheli-du-Crest 2, 1203 Genève

«J’ai rencontré l’architecte d’intérieur Youri Kravtchenko, qui a ouvert le showroom Dimanche, à l’Artichaut. Il venait y dîner avec son frère, qui était aussi mon comptable. J’ai commencé à travailler avec lui pour la décoration du Café de la Paix où il m’a donné quelques conseils. On a poursuivi notre collaboration avec celles du Bologne et du Dorian qu’il a entièrement conçues. Youri travaille pour l’ambiance du lieu et pas seulement pour son esthétique. À force de fréquenter les restaurants, il sait ce qui fonctionne. Ensemble, on arrive à faire de bons compromis et il m’amène sur des chemins de traverse que je n’emprunterais pas forcément, mais qui ont fait la force de mes différents établissements comme avec le carrelage qu’il a utilisé pour le Bologne et qui est devenu la signature du restaurant. J’aime travailler ainsi, autour de rencontres et en synergie avec des gens avec qui je crée des liens.»

MAMCO

Actuellement en travaux.

Programmation hors-site: www.mamco.ch

«J’y emmène chaque personne qui vient me voir à Genève. Pour moi c’est un incontournable, comme les Bains des Pâquis. J’ai créé des liens avec son directeur, Lionel Bovier, lorsque j’officiais au Café de la Paix. J’apprécie beaucoup l’équipe du MAMCO avec qui j’ai collaboré sur plusieurs évènements. J’aime le bâtiment et son architecture. J’y ai aussi découvert de fantastiques expositions. La dernière qui m’a marquée? Celle de Mathis Gasser en 2023. J’ai acheté une pièce de l’artiste après son exposition que j’ai installée au Bleu Nuit. Aujourd’hui, le bâtiment ferme pour rénovation. C’est regrettable pour l’énergie du quartier mais c’est une bonne nouvelle pour le développement de l’institution et je me réjouis de suivre les activités hors-site du musée pendant les travaux.»

Nino,

caviste de quartier

Boulevard de Saint-Georges 65, 1205 Genève

«Quand je ne suis pas dans mes restaurants, je me retrouve encore souvent autour de la table, chez moi ou chez des ami·e·s. J’aime recevoir les gens, c’est aussi pour ça que je fais ce métier. Nino, c’est l’endroit parfait pour faire de nouvelles découvertes et trouver la bonne bouteille pour un déjeuner ou un dîner entre ami·e·s.»

Le marché aux puces de Plainpalais & Christophe Berger

Avenue Henri-Dunant 16, 1205 Genève

«Le marché aux puces, j’y vais plus pour l’atmosphère que pour chiner. J’y ai passé beaucoup de temps pendant les travaux du Dorian. Plainpalais s’est toujours trouvé à proximité de beaucoup de mes restaurants et c’est donc naturellement un lieu de passage important pour moi. Et puis il y a aussi le Skate Park où je vais souvent avec mon fils. Avant d’aller aux puces, j’ai pour habitude de m’arrêter chez Christophe Berger pour son croissant au jambon et ses pâtisseries. J’aime me poser dans le petit café aménagé derrière la boutique ou sur leur terrasse avec vue sur la Plaine. C’est rare de trouver un bon pâtissier suisse. Toutes les pâtisseries que j’achète viennent de chez lui.»

Galerie Mezzanin

Rue des Maraîchers 63, 1205 Genève

«J’ai beaucoup travaillé avec Karin Handlbauer, la directrice et propriétaire de la galerie Mezzanin. C’est une amie fidèle. Elle organisait ses dîners de vernissage au Café de la Paix et continue à le faire aujourd’hui au Bleu Nuit ou au Dorian quand je ne viens pas cuisiner directement à la galerie. J’aime sa programmation, que je suis depuis longtemps. Elle m’a permis de découvrir de très belles choses. C’est elle qui m’a prêté les premières œuvres que j’ai exposées dans mes restaurants, notamment une pièce de Peter Kogler au Café de la Paix. Je lui ai plus tard acheté un ensemble de peintures d’Isabella Ducrot pour l’ouverture du Bleu Nuit.»

 
Lire la suite
Studio Visit Jonas Nicollin Studio Visit Jonas Nicollin

Markus Amm, né à Stuttgart en 1969 est connu pour ses peintures abstraites et ses expérimentations avec la matérialité et la lumière.

Markus Amm, né à Stuttgart en 1969 est connu pour ses peintures abstraites et ses expérimentations avec la matérialité et la lumière. Son travail explore des processus minutieux et souvent laborieux, notamment l’application de multiples couches de vernis et de pigments, créant des surfaces vibrantes et lumineuses. Ses œuvres, à la fois minimalistes et organiques, interrogent la perception visuelle et le rapport au temps à travers des textures et des jeux de transparence. Son travail est régulièrement exposé dans des galeries et institutions internationales. Son travail a été présenté à la galerie Mezzanin à Genève.

Pouvez-vous nous décrire votre quotidien à l’atelier et la relation que vous entretenez avec cet espace?

Mon atelier se trouve dans la zone industrielle des Acacias. C’est amusant car depuis 25 ans, j’ai pour habitude de traverser des ateliers de mécanique avant d’arriver à mon studio. Il y a une très belle vue sur le Salève à droite et le Jura à gauche et les couchers de soleil y sont parfois incroyables. Je crois en cette pratique quotidienne de l’atelier. Même si je n’ai rien à y faire – ce qui heureusement arrive rarement – je lis, j’écoute de la musique, je regarde par la fenêtre. Le studio est une sorte de machine qui, à un moment donné, fonctionne automatiquement et je fais partie de cet engrenage.

Make it stand out

Whatever it is, the way you tell your story online can make all the difference.

Vous êtes un artiste allemand basé à Genève mais votre travail est principalement montré à l’international: Londres, New York et dernièrement Séoul. Comment expliquez-vous cela?

C’est dû au fait que mes galeries me tiennent très occupé! Une autre explication pourrait être que je suis venu à Genève pour des raisons personnelles avec l’idée de repartir après deux ou trois ans. Mais vous savez comment les choses fonctionnent: chaque année, il y a une nouvelle prolongation ou une nouvelle raison pour laquelle vous ne repartez pas et vous vous rendez compte que vous êtes devenu Genevois. Aujourd’hui, j’accepte le fait que je pourrais mourir ici.

Vous considérez-vous comme un artiste genevois?

Je me sens Genevois. Je vis ici avec ma famille et j’ai l’intention d’y rester au moins jusqu’à ce que mes enfants soient grands. Par contre, je ne me vois pas comme un artiste genevois. J’ai vécu dans trop d’endroits et de pays différents avant d’arriver à Genève. En fin de compte, je pense être un étrange mélange de différentes régions d’Europe et des États-Unis.

Que pensez-vous de la scène suisse?

La scène suisse est incroyable! Je dis ça sans flatterie. Un si petit pays avec autant d’artistes fantastiques. Dans la vie de tous les jours, je suis plutôt pragmatique et matérialiste et les faits sont là: je n’ai jamais vu un pays qui soutient ses artistes aussi bien et c’est clairement payant. Les autres pays devraient s’inspirer de ce que signifie ici le soutien à la culture!

Où trouvez-vous votre inspiration? Y a-t-il des lieux ou des œuvres dans la région qui vous inspirent?

Mon œuvre d’art préférée reste le Jet d’eau, surtout par matin de grand vent depuis les Bains des Pâquis. Ma deuxième est à La Jonction. Il suffit de regarder comment les deux cours d’eaux se mélangent et les images que cela crée. Je ne l’ai jamais fait jusqu’à présent mais depuis peu, je regarde les gens sauter directement dans l’eau au point de croisement des deux rivières et éclater de rire en passant tantôt de l’eau boueuse à l’eau turquoise et vice-versa. Il y a là quelque chose de spécial…

Quelles sont les œuvres que vous présentez à la galerie Baton à Séoul?

J’ai toujours joué avec cette indifférence entre l’abstraction et la figuration et avec la façon dont l’esprit construit des images en fonction de sa vision personnelle. Le titre de mon exposition à Séoul était: Cats, Goats and Monsters – La Jonction. Si vous lisez ma réponse à la question précédente vous comprendrez peut-être.

Travaillez-vous en séries ou chaque œuvre est-elle individuelle?

Techniquement, je travaille par séries. Il y a toujours environ 30 à 40 peintures sur lesquelles je travaille depuis des années. Plus je travaille longtemps sur ces tableaux, plus ces pièces deviennent des œuvres individuelles. Il arrive qu’une peinture soit terminée au bout d’un mois alors que d’autres restent accrochées pendant des années. Cela signifie que le flux naturel est interrompu à chaque exposition. Il y a toujours des œuvres très récentes qui montrent de nouveaux développements à côté de très anciennes qui viennent d’être terminées. Ces différents décalages dans la chronologie des peintures font finalement de chaque œuvre une pièce individuelle, du moins dans le cadre de l’exposition où elle est présentée. Après, de loin, on peut reconnaître des séries qui traversent les différentes expositions au fil des ans.

Sauriez-vous nous dire comment votre travail va évoluer ces prochaines années?

J’ai déjà prévenu mes galeries qu’au cours des prochaines décennies, je pourrais bien devenir un peintre figuratif…

Quel sentiment aimeriez-vous que les gens retiennent lorsqu’ils découvrent vos œuvres?

Pour moi, l’art est presque le seul moyen de vivre des expériences épiphaniques, le seul moyen de comprendre le monde d’une manière non rationnelle, juste par l’instinct et l’intuition. C’est surtout avec la peinture que j’y parviens, mais les œuvres conceptuelles peuvent aussi le faire. Je suis trop complexe pour demander cela aux autres. Mais être capable de partager cette expérience serait mon but.

Make it stand out

Whatever it is, the way you tell your story online can make all the difference.

Vous avez notamment travaillé à la HEAD. Qu’avez-vous retenu de cette expérience d’enseignement et de transmission?

On ne peut pas enseigner l’art. Ce que vous pouvez faire est davantage comparable à l’image d’un entraîneur: vous percevez le talent des étudiants et vous essayez de les maintenir sur la bonne voie ou, en fonction de leur développement, de les en écarter. Il faut avoir un très bon sens de la psychologie. Il y a beaucoup à laisser derrière soi. J’en ai fait l’expérience au cours de mes propres études et j’ai vu assez souvent comment des artistes étaient détruits pendant leurs études artistiques. J’ai beaucoup de respect pour les artistes qui se consacrent à l’enseignement. Je l’ai fait en tant que professeur invité, mais faire cela à plein temps pendant des années… respect. J’ai rencontré il y a peu un professeur de la HEAD qui m’a dit qu’il était en fait l’étudiant et que les étudiants étaient ses professeurs. C’est sans doute la bonne attitude à adopter.

Vous disiez qu’après cette exposition à Baton Gallery, vous vouliez faire une pause. Est-il important, dans la vie d’un artiste, de ne pas produire et de rester parfois loin de son atelier?

Je ne ferai pas d’exposition en 2025, mais je vais continuer à aller à l’atelier pour peindre. Je ne considère pas ma pratique d’atelier ou mes expositions comme du travail. Le travail, ce sont les deadlines. C’est un peu métaphorique, mais je vous laisse méditer là-dessus.

Quel serait le lieu où vous rêveriez d’exposer?

La Kunsthalle de Bielefeld dessinée par Philip Johnson. En termes d’architecture, c’est l’une de mes institutions préférées.

Lire la suite
L’Entretien Jonas Nicollin L’Entretien Jonas Nicollin

Balthazar Lovay fonde la galerie Lovay Fine Arts à Genève en 2022.

Balthazar Lovay fonde la galerie Lovay Fine Arts à Genève en 2022. Il nous raconte ici son parcours et comment il a vu la scène genevoise et le Quartier des Bains évoluer.

Balthazar Lovay fonde la galerie Lovay Fine Arts à Genève en 2022. Il nous raconte ici son parcours et comment il a vu la scène genevoise et le Quartier des Bains évoluer.

Vous avez commencé votre carrière comme artiste, avant de devenir curateur et enfin galeriste. Pourquoi être passé de l’institution au marché?

Pour moi, c’est un parcours logique. Lorsque je dirigeais le centre d’art Fri Art à Fribourg, je passais six mois, voire parfois un an, à travailler avec un artiste. Et cette relation magnifique s’arrêtait une fois l’exposition terminée. J’avais envie de prolonger ce rapport en travaillant pour représenter sur le long terme les artistes qui me semblent importants. Et puis à un niveau plus personnel, galeriste me permettait de trouver une forme d’autonomie aussi bien financière que professionnelle.

Mais avec une prise de risque beaucoup plus grande, non?

Certes, mais un risque plus ou moins mesuré, même s’il faut être vraiment casse-cou pour faire ce métier. Lorsqu’on démarre de rien, on prend conscience de chaque franc investi et reçu. Cette position mobilise énormément, entre d’un bout de la chaîne les artistes et de l’autre le public et les collectionneurs. Le travail entrepreneurial, invisible aux yeux des visiteurs, est énorme. C’est à la fois très excitant et très intense.

 
 

Ouvrir à Genève a toujours été dans vos plans?

Disons que ma vie se trouve ici et que je connais les gens. C’est une manière de démarrer. Mais rien n’est jamais gravé dans le marbre.

Comment définiriez-vous votre ligne?

Chercher à avoir le plus fort impact possible pour les artistes que je représente et les soutenir dans leur carrière sur le long terme. Et que cet impact se répercute sur mes clients et mes collectionneurs, afin de pouvoir leur dire que les artistes qu’ils achètent chez moi ne se retrouvent pas seulement sur des murs comme objets décoratifs, mais aussi dans des musées et des livres d’art. Je défends des artistes que l’on ne retrouve pas encore dans d’autres galeries et qui sont des exclusivités.

Je pense à Lucia di Luciano, ou Suzanne Santoro (sujet de notre exposition de janvier 2025), à la longue carrière, mais qui sont des découvertes historiques, et dont les travaux n’ont pas eu la visibilité nécessaire à un moment donné. Mais aussi à Pascal Vonlanthen, un artiste qui aurait été classé dans l’Art brut, une catégorisation que je trouve peu fertile, et qui a toute sa voix dans l’art contemporain.

Je me positionne comme la galerie qui représente officiellement ces artistes à l’international, depuis Genève, en dévoilant leurs corpus peu connus. Alors oui, j’ai aussi monté une exposition de John Armleder, mais en présentant des œuvres de jeunesse qui n’avaient pratiquement jamais été montrées.

Représentez-vous également des artistes plus jeunes?

Je présente en effet Marie Gyger une jeune artiste suisse, ainsi que Michèle Graf et Selina Grüter, un duo zurichois qui vit à New York depuis six ans. En général, ce sont des artistes qui cherchent une forme d’innovation par rapport à l’histoire de l’art et qui engagent une réflexion profonde sur l’art et notre temps. J’ai présenté Graf et Grüter à Liste 2024. Elles ont participé à la 15e Baltic Triennale et présentent en ce moment une exposition importante à la Halle für Kunst de Lüneburg en Allemagne.

 
 

Vous avez ouvert Lovay Fine Arts dans le Quartier des Bains en septembre 2022. Comment avez-vous vu le quartier se développer?

En fait, je suis arrivé trois fois dans le quartier. La première, c’était en 2001. À l’époque, j’étais l’assistant de Lionel Bovier qui venait de lancer JRP Éditions, d’abord dans un garage des Pâquis et enfin dans une arcade de la rue des Bains. J’y suis ensuite revenu de 2004 à 2012 avec Fabrice Stroun lorsque nous avons créé Hard Hat qui était un éditeur de multiples et une galerie d’exposition pour de jeunes artistes. Et me revoilà, 10 ans plus tard. Alors oui, l’ambiance a beaucoup changé.

En 2005, les vernissages du Quartier des Bains réunissaient environ 2000 personnes. Il y avait beaucoup plus de galeries et la dynamique entre le marché de l’art, les institutions et la scène locale alternative étaient bien plus imbriquées. Surtout, le Quartier des Bains bénéficiait d’un important sponsor qui permettait le fameux prix des drapeaux qui prenaient la forme de bannières d’artistes accrochées dans tout le quartier et jusque sur le pont du Mont-Blanc. Cela créait un fort appel d’air médiatique et populaire!

Vingt ans plus tard, à Genève, il y a beaucoup de très bons restaurants chers et moins de créativité dans le milieu de l’art. À nous d’y remédier!

Comment voyez-vous son évolution ces prochaines années?

Aujourd’hui, les galeries genevoises sont dispersées dans la ville. Je pense qu’il faudra repenser la notion de Quartier des Bains et revoir la dynamique entre tous les quartiers dans lesquels il y a des galeries.

La rénovation du MAMCO, du Centre d’art contemporain et du Centre de la photographie doit être vue comme une opportunité. Ces trois lieux vont migrer de quartiers à d’autres de manière ponctuelle dans le courant des cinq prochaines années. Ce sera l’occasion de relancer une nouvelle dynamique de l’art dans la ville. Mais aussi de repenser la relation entre les galeries et les musées, les galeries et les artistes.

Quant à remettre Genève sur la carte internationale du marché, il nous manque des galeries locomotives pour engager ce mouvement, une ou deux galeries genevoises qui prendraient des envergures internationales.

Lire la suite