Barbara Polla · Analix Forever
Depuis 1991, les murs nomades d’Analix Forever ont accueilli les œuvres de quelques 700 artistes. À Chêne-Bourg, la galerie s’ouvre sur un jardin et accueille une maison d’édition et une librairie. Le dessin, la poésie, la vidéo, la musique, les lectures et débats font partie intégrante de l’activité artistique, à Genève comme à Paris, chez Barbara Polla. Et les plus grands peintres – tel Serwan Baran – y côtoient les plus jeunes talents – telle Jade Jouvin.
Barbara Polla
Docteure en médecine, écrivaine, galeriste, poète, Barbara Polla travaille par thèmes – les femmes, art et prison, l’art vidéo, et désormais «art et paix» – tout en accueillant tout projet novateur, esthétiquement séduisant, intellectuellement stimulant. Elle est actuellement doctorante en philosophie sur le thème de la paix à l’Université libre de Bruxelles.
Quel a été votre tout premier contact avec l’art contemporain?
Ma mère était peintre et, petite fille, j’ai grandi à l’ombre de ses palettes: elle peignait dans le jardin, je la regardais faire et elle m’intégrait dans ses autoportraits.
Qu’est-ce qui vous a amenée à devenir galeriste?
Je ne sais pas exactement. «C’est que ta mère était peintre», me disent certains – mais non, car mes frères ne sont pas devenus galeristes pour autant!
Mais à un moment donné, vers la quarantaine, il m’a semblé indispensable d’inclure l’art dans ma vie active, pas seulement comme spectatrice, mais comme actrice. Question de passion, voire, de survie. Et devenir galeriste m’a paru la voie la plus directe. Je montre donc, promeus et vends les images et les formes créées par toutes sortes d’artistes du monde.
J’aime les artistes et je leur suis reconnaissante, de passer leur vie à créer. Et comme j’aime les mots autant que les images, ma galerie est devenue récemment une galerie-librairie. Certaines choses mettent du temps à advenir. Quelle sera l’étape suivante? Créer un musée?
Make it stand out
Whatever it is, the way you tell your story online can make all the difference.
Quels sont les aspects les plus surprenants de votre travail?
Ce qui continue de me surprendre le plus, au quotidien, ce sont les états d’âme des artistes. L’on dit d’ailleurs de moi que je suis une collectionneuse d’âmes.
Pourquoi être, devenir, artiste? Pourquoi créer? Comment font les artistes, pour donner forme à leurs états d’âme? Comment expriment-ils leurs visions, leurs désirs, leurs mondes, comment partagent-ils tous ces autres qui les habitent, avec nous? Qu’est-ce qui, dans le geste artistique, en fait potentiellement un geste de paix?
Tant d’autres questions m’animent, encore. Pourquoi collectionner? Qu’est-ce qui se passe vraiment, dans cette rencontre toujours extraordinaire, entre l’œuvre d’un artiste et le désir du collectionneur de vivre avec cette œuvre? Comment partager le plus largement possible l’humanisme profond de la création artistique ?