Poivrier — Lou Masduraud
Un.e artiste nous parle d’un objet qui lui est cher, l’accompagne au quotidien, et a bien souvent un lien avec son processus créatif.
Un·e artiste nous parle d’un objet qui lui est cher, l’accompagne au quotidien, et a bien souvent un lien avec son processus créatif.
«J’ai chiné ce grand moulin à poivre à Neuchâtel l’année dernière. Il représente un boulon de facture artisanale en bois, composé d’un corps principal fileté et de deux écrous hexagonaux. C’est un ustensile de cuisine qui prend la forme d’un assemblage mécanique rudimentaire.
C’est un trompe-l’œil. J’aime cette association de la cuisine et de la mécanique qui perturbe les stéréotypes de genre. Ce poivrier «mascu» me fait penser aux dessins de la série Tools de l’artiste américaine Lee Lozano.
Dans les années 1960, elle représentait de gros outils disproportionnés aux allures agressives et sexuelles, que je lis comme une moquerie de l’association commune entre outils, force et fabrication de la masculinité. J’aime utiliser mon moulin à poivre comme un outil fictionnel, qui moud les grains et en extrait les senteurs épicées tout en broyant les représentations surannées de la féminité normative. Je m’imagine cheffe cuisinière musclée, activiste du genre, les biceps moulés dans une marinière Jean Paul Gaultier, maniant cet outil puissant, porteur d’une énergie capable de construire ou de détruire bien plus que de petits grains de poivre.»
– Lou Masduraud
LOU MASDURAUD
Lou Masduraud, née en 1990 à Montpellier, vit et travaille à Genève. À travers la sculpture, l’installation et des savoir-faire artisanaux, elle explore les infrastructures visibles et invisibles qui façonnent nos espaces de vie et collectifs. Lauréate du Swiss Art Award en 2024 et du Prix culturel Manor Genève en 2023, son travail a été présenté dans de nombreuses institutions en Suisse et en Europe, dont le MAMCO, le Musée d’Art moderne de Paris et le Centre d’Art Contemporain de Genève. À l’occasion de la Geneva Art Week 2026, Lou Masduraud présente une exposition personnelle à la galerie Mezzanin.
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Yann Abrecht
Subaru Forester — Alfredo Aceto
Un.e artiste nous parle d’un objet qui lui est cher, l’accompagne au quotidien, et a bien souvent un lien avec son processus créatif.
Un·e artiste nous parle d’un objet qui lui est cher, l’accompagne au quotidien, et a bien souvent un lien avec son processus créatif.
«Selon les archives de Subaru, dans les années 1990, la marque cherchait à élargir sa clientèle et s’est aperçue que la communauté LGBTQI+, adepte des activités de plein air, affectionnait particulièrement les Legacy Outbacks.
Subaru a alors mis en place une stratégie marketing discrète, presque codée : des messages que la majorité des gens ne remarquaient pas, mais qu’un regard queer pouvait saisir. Quand je suis arrivé en Suisse, déjà fasciné par les Forester et Legacy des années 90 qui ont marqué mon enfance, j’ai été intrigué par cette ambiguïté propre à la marque — à la fois prisée par les homosexuel.les et par les hétéros des montagnes. Mon Forester est devenu à la fois mon atelier et le moyen de transporter des œuvres. Son moteur boxer hybride, issu de l’aéronautique, conserve la sonorité authentique des Subaru — un son que je reconnaîtrais entre mille.»
– Alfredo Aceto
ALFREDO ACETO
Naviguant entre sculpture, dessin, photographie et installation, le travail d’Alfredo Aceto (né en 1991 à Turin, Italie, vit et travaille entre Genève et Paris) explore des récits intimes et collectifs, où le corps, la mémoire et la fiction occupent une place centrale. Inspiré par la psychanalyse, la littérature et les études de genre, il façonne des œuvres traversées par des tensions émotionnelles et des zones d’ambiguïté. Il est représenté par les galeries Andersen’s Contemporary (Copenhague), HUA International (Berlin, Pékin), Lange + Pult (Auvernier, Genève), Parliament Unlimited (Paris).
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Yann Abrecht
Lampe à lave Astro — Denis Savary
Un.e artiste nous parle d’un objet qui lui est cher, l’accompagne au quotidien, et a bien souvent un lien avec son processus créatif.
Un·e artiste nous parle d’un objet qui lui est cher, l’accompagne au quotidien, et a bien souvent un lien avec son processus créatif.
« Il s’agit d’une lampe à lave Astro des années 90, de la marque anglaise Mathmos. J’ai trouvé cet objet à Londres, lorsque j’y vivais et il est revenu avec moi dans mes valises. Depuis, j’aime l’allumer le soir chez moi. La cire prend du temps à fondre à la chaleur de l’ampoule halogène dans sa base. Au début elle produit des sortes de cristaux, jusqu’à se mettre enfin à danser. Sa lueur verte m’accompagne durant durant la nuit. »
Inclassable et protéiforme, le travail de Denis Savary (né en 1981 à Granges Marnand, Suisse, vit et travaille à Genève et Londres) prend tour à tour la forme de sculptures, de dessins, d’installations, de vidéos ou de pièces sonores. Privilégiant des procédés d’appropriation, de citation ou de collaboration, l’artiste navigue librement entre ces différents médiums et les associe pour mieux explorer le décloisonnement des genres et des époques. Il est représenté par la galerie Maria Bernheim.
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Yann Abrecht
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Denis Savary